Géométrie du corps humain en médecine traditionnelle chinoise et nouvelle technique d’analgésie rapide
— Réflexion sur l’application de la technique 3C en clinique d’acupuncture
Par Ai Xiaoxin, journaliste de l’Association Internationale de Santé Naturelle
Chers confrères acupuncteurs, chers amis,
Bonjour à toutes et à tous !
Les 28 et 29 mars 2026, la formation sur les techniques d’acupuncture pour le soulagement rapide de la douleur, ainsi que le séminaire sur l’application clinique de la géométrie du corps humain en médecine traditionnelle chinoise, se sont tenus avec succès à l’hôtel Sheraton de Flushing, à New York.
Cette rencontre, organisée par l’Union des Acupuncteurs Diplômés de l’État de New York, a rassemblé des experts en acupuncture, médecins cliniciens et professionnels du secteur venus de l’État de New York ainsi que de nombreux autres pays, afin d’échanger, d’apprendre et de partager leurs expériences.
Durant l’événement, plusieurs personnalités de référence du milieu ont honoré la réunion de leur présence et de leurs conseils, notamment :
le Professeur Lin Rongsheng, vice-président de la Fédération mondiale des sociétés d’acupuncture, et ancien président de l’Union des Acupuncteurs Diplômés de l’État de New York ;
la Professeure Chen Jing, ancienne secrétaire générale ;
ainsi que le Dr Zhang Dechao, entre autres figures reconnues du domaine.
Lors de cette rencontre, M. Zhu Weimin, médecin orthopédiste en France et acupuncteur enregistré en Suisse, a présenté de manière structurée une méthode pratique destinée au traitement clinique de la douleur : la technique de correspondance croisée et corporelle (Cross & Correspondence Technique, abrégée technique 3C), suscitant un vif intérêt et de nombreux échanges parmi les participants.
I. Une nouvelle perspective d’observation issue de la clinique
La douleur est l’un des symptômes les plus fréquents en clinique d’acupuncture.
La médecine traditionnelle chinoise, fondée sur la théorie des méridiens et le système des points d’acupuncture, a accumulé au fil des siècles une expérience extrêmement riche et précieuse dans le traitement de la douleur.
Cependant, dans la pratique clinique de longue durée, de nombreux praticiens ont également cherché à répondre à une question importante :
Existe-t-il une méthode de repérage des points plus intuitive, plus facile à maîtriser et plus rapide à appliquer ?
C’est dans ce contexte clinique que la technique 3C s’est progressivement développée comme une nouvelle approche.
Ses principales caractéristiques sont les suivantes :
prendre comme point de départ les relations de correspondance entre les différentes structures du corps humain ;
s’appuyer sur une pensée géométrique pour faciliter le repérage clinique ;
aider le praticien à identifier plus rapidement des points thérapeutiques efficaces.
Il convient de souligner que la technique 3C n’a pas pour vocation de remplacer le système traditionnel des méridiens, mais plutôt d’offrir à la clinique de l’acupuncture une voie complémentaire d’observation du corps humain à partir de la structure, de la forme et des relations géométriques.
II. Inspirations théoriques : les relations de correspondance entre le local et le global dans le corps humain
1. Chaque partie locale est reliée à l’ensemble
Ce que l’on appelle ici une « partie locale » peut désigner :
un membre entier ;
une partie d’un membre ;
un niveau encore plus fin de tissu ;
voire même une cellule.
Selon la théorie de la biologie holographique fondée en 1983 par le Professeur Zhang Yingqing, non seulement le deuxième métacarpien contiendrait des informations sur l’ensemble du corps humain, mais chaque partie du corps, jusqu’à chaque cellule, pourrait également porter en elle des informations globales sur l’organisme entier.
Autrement dit, si les conditions extérieures le permettent, chaque partie du corps pourrait, d’une certaine manière, représenter le tout.
Cette idée rejoint la notion de « théorie de l’embryon généralisé » (pan-embryologie), selon laquelle les différentes parties du corps contiennent chacune un potentiel global.
Douze ans plus tard, l’apparition du mouton cloné en Grande-Bretagne a, dans une certaine mesure, apporté un écho moderne à cette perspective.
Le Professeur Zhang Yingqing a également observé que chaque os long contiendrait une information sur l’ensemble du corps humain.
Si l’on inclut également les phalanges des doigts et des orteils dans cette catégorie, alors les quatre membres humains compteraient 88 os longs.
Cela signifie que, pour le traitement d’une seule maladie, il serait théoriquement possible de retrouver, rien qu’au niveau des membres, un grand nombre de points potentiellement efficaces.
Cette observation aide aussi à comprendre pourquoi les différentes techniques de puncture se multiplient sans cesse en clinique :
la plupart d’entre elles sont, en réalité, issues d’observations cliniques fragmentaires progressivement transformées en savoir-faire pratique.
2. Les liens entre structures auto-similaires
Dans la nature, certains systèmes complexes présentent une caractéristique remarquable :
les parties ressemblent au tout, et le tout contient lui-même de nombreuses structures similaires.
On peut citer, par exemple :
le flocon de Koch ;
le triangle de Sierpiński ;
la théorie fractale de Benoît Mandelbrot.
Tous ces modèles décrivent le phénomène de l’auto-similarité.
Autrement dit, une partie locale ne contient pas seulement l’information du tout, mais également celle de structures qui lui ressemblent.
Ce point présente certaines affinités avec la conception de la globalité en médecine traditionnelle chinoise, ainsi qu’avec la théorie des organes et manifestations (zangxiang).
Par exemple, dans le corps humain :
les membres supérieurs et inférieurs présentent un nombre similaire d’articulations et d’os ;
le bras et la cuisse sont tous deux formés d’un os long, avec une tête, un col et des reliefs osseux comparables ;
l’avant-bras et la jambe présentent également des analogies structurelles ;
de même, la main et le pied montrent une forte ressemblance morphologique.
Ces structures dites auto-similaires semblent entretenir des relations de correspondance étroites, ce qui leur confère un intérêt clinique particulier.
Dans le traitement de la douleur, ces correspondances ont souvent une grande valeur pratique.
3. Des relations de projection peuvent aussi exister entre structures dissemblables
Les nombreuses observations issues de la pratique clinique de l’acupuncture montrent également que chaque partie du corps ne contient pas seulement :
l’information du tout ;
l’information des structures auto-similaires ;
mais également celle de structures non similaires.
Par exemple :
le tronc et les membres supérieurs ;
le tronc et les membres inférieurs ;
le tronc et la tête / le cou ;
sont, sur le plan géométrique, des structures non similaires.
Et pourtant, en clinique, il est souvent possible de retrouver sur le tronc des zones de correspondance complètes avec ces différentes régions du corps.
Autrement dit, même si certaines parties du corps ne se ressemblent pas sur le plan de la forme, elles peuvent néanmoins entretenir des relations fonctionnelles ou thérapeutiques de correspondance.
Le mécanisme profond de ce phénomène n’est pas encore clairement élucidé.
Mais cette observation ouvre à la clinique davantage de possibilités de repérage souple et efficace.
En utilisant ces différentes relations de correspondance, il devient possible, dans le traitement des maladies, de repérer un plus grand nombre de points potentiellement efficaces.
4. Le point central de la technique 3C : la correspondance complète entre structures auto-similaires
Il convient ici de préciser que, parmi les trois types de correspondance mentionnés ci-dessus, la deuxième forme — celle des structures auto-similaires — est la plus forte, la plus stable et la plus cliniquement marquante.
Autrement dit :
chaque partie locale semble contenir l’information complète d’une autre structure qui lui est auto-similaire.
Lorsque cette observation est combinée avec :
le principe de la même trajectoire ;
et le principe de croisement ;
elle permet souvent d’obtenir, dans le traitement de la douleur, les effets cliniques les plus rapides et les plus efficaces.
C’est précisément là que réside le principe fondamental de la technique 3C.
Sa simplicité, sa rapidité et son efficacité surprennent fréquemment les praticiens en clinique.
III. Caractéristiques cliniques de la technique 3C
Dans la pratique, cette méthode présente généralement les caractéristiques suivantes :
une approche relativement intuitive ;
une grande souplesse dans le choix des points ;
une action souvent rapide sur certains tableaux douloureux ;
une amélioration notable du taux d’efficacité dans le traitement de la douleur.
Son noyau méthodologique consiste à utiliser les relations de correspondance géométrique afin d’aider le praticien à évaluer, localiser et intervenir en peu de temps.
IV. Relation avec les théories traditionnelles
Il est important de souligner que la technique 3C est avant tout une exploration issue de l’expérience clinique.
Elle peut offrir, sous un autre angle, une lecture complémentaire de certaines idées fondamentales de la médecine traditionnelle chinoise, notamment :
la vision holistique du corps ;
et l’idée d’une distribution étendue des méridiens dans l’ensemble de l’organisme.
Le dialogue et l’intégration entre différentes perspectives théoriques pourraient, à terme, contribuer au développement de la clinique en acupuncture.
La naissance de la géométrie du corps humain en médecine chinoise et de la technique 3C ne constitue donc en aucun cas une négation de la théorie des méridiens.
Bien au contraire, elles tendent plutôt à illustrer et confirmer certaines intuitions fondamentales de la tradition, telles que :
« il y a des méridiens partout » ;
« il y a des points d’acupuncture partout ».
Dans cette perspective :
ne pas s’enfermer dans un seul trajet méridien, c’est parfois comme mobiliser d’innombrables méridiens à la fois ;
ne pas se limiter aux points classiques, c’est parfois comme découvrir d’innombrables points thérapeutiques potentiels.
Cela rend l’application clinique plus :
rapide ;
efficace ;
souple ;
et même parfois plus fluide et réjouissante pour le praticien.
V. Conclusion
La géométrie du corps humain en médecine traditionnelle chinoise et la technique 3C, en tant qu’approche issue de l’observation clinique, demandent encore à être approfondies, vérifiées et enrichies par davantage de pratique et de synthèse.
Néanmoins, cette approche offre déjà à la clinique de l’acupuncture — et tout particulièrement au domaine de la prise en charge de la douleur — une perspective nouvelle et prometteuse.
À l’avenir, avec l’accumulation de validations cliniques supplémentaires et le développement des échanges académiques, cette méthode pourrait pleinement révéler sa valeur dans le champ de l’analgésie par acupuncture.
Le 6 avril 2026













