Qu’est-ce que la géométrie du corps humain ?

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Dr Zhu Weimin

En avril 2026, des chercheurs de l’Université Stanford ont publié une étude dans la revue scientifique de référence Science, suscitant une nouvelle réflexion sur l’origine de l’information biologique. Pendant longtemps, l’idée centrale de la biologie traditionnelle a été que la réplication de l’information de l’ADN nécessite un modèle. En d’autres termes, pour qu’un segment d’ADN soit copié avec précision, il doit s’appuyer sur un autre segment d’ADN ou d’ARN comme référence, suivant des règles strictes d’appariement des bases : A avec T, C avec G. C’est comparable à un programmeur qui saisit un code ligne par ligne.

Cependant, cette nouvelle découverte remet en question cette compréhension antérieure. Des recherches sur Drt3b montrent que, dans certaines situations particulières, la structure spatiale des protéines elle-même pourrait jouer un rôle dans l’organisation de l’information. Sa structure tridimensionnelle spécifique agit comme un moule sophistiqué : lorsqu’un certain nombre de molécules chimiques y pénètrent, elles peuvent s’organiser automatiquement selon des règles spatiales précises. Chaque molécule entrant dans ce « moule protéique » entretient une relation spécifique avec certaines parties de cette structure.

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela implique deux idées majeures dans le monde microscopique :

  1. L’information n’est pas nécessairement inscrite uniquement sous forme de symboles alignés ; elle peut aussi exister sous forme de structure et de forme spatiale. Si l’on considère l’information traditionnelle comme une « information textuelle », alors la forme représente une « information géométrique ».

  2. La loi de correspondance, considérée comme l’une des sept lois de l’univers : toute chose dans l’univers possède une correspondance avec une autre, aussi bien à l’échelle macroscopique que microscopique. Cette correspondance concerne ici les formes microscopiques. « Ce qui existe en haut existe aussi en bas ; ce qui existe en bas existe aussi en haut. »

La géométrie est une branche fondamentale des mathématiques qui étudie principalement les formes, les dimensions, les positions relatives des figures dans l’espace et la mesure des structures spatiales.

Le mot chinois pour géométrie provient de la traduction des Éléments d’Euclide, introduits en Chine par le scientifique Xu Guangqi et Matteo Ricci à la fin de la dynastie Ming. Le terme « 几何 Jihe » a été choisi pour sa proximité phonétique avec « geo » et parce qu’en chinois il évoque également l’idée de « mesurer les dimensions ».

I. La théorie géométrique du corps humain dans la médecine traditionnelle chinoise ancienne

La médecine traditionnelle chinoise avait déjà observé il y a plusieurs milliers d’années le lien entre la forme géométrique du corps humain et la santé. Par exemple, dans le diagnostic par la langue (diagnostic lingual), la langue est considérée comme une surface plane divisée en plusieurs zones ; chaque zone représente un système d’organes internes différent. Il existe également le diagnostic par l’oreille, le visage, les mains, les pieds, etc. Bien que les anciens n’aient pas utilisé le terme « géométrie », ces théories et pratiques constituent en réalité les premières formes de géométrie humaine en médecine traditionnelle chinoise : elles utilisent des méthodes géométriques pour analyser et résoudre des problèmes de santé.

Concernant les techniques d’acupuncture, plusieurs textes classiques mentionnent :

  • « Si le désordre énergétique est en haut, traiter en bas ; s’il est en bas, traiter en haut ; s’il est au centre, traiter les zones voisines. »

  • « Une maladie située en haut se traite en bas ; une maladie située en bas se traite plus haut ; une maladie de la tête se traite par les pieds ; une maladie des lombes se traite derrière le genou. »

  • D’autres textes décrivent également des relations croisées entre les trajets énergétiques.

Les techniques modernes et contemporaines d’acupuncture se sont inspirées de ces principes et ont développé des méthodes dites de « points croisés », comme : l’acupuncture de Dong ; l’acupuncture de Tan ; l’acupuncture de Wang. Par exemple : traiter une douleur du genou droit à l’aide d’un point situé sur le coude gauche ; traiter une douleur du poignet droit avec un point situé sur la cheville gauche.

Les principes anciens « traiter la gauche par la droite et la droite par la gauche » ainsi que « traiter le haut par le bas et le bas par le haut » sont deux règles fondamentales de l’acupuncture. Cependant, appliquer uniquement ces deux principes ne suffit pas. Par exemple, dans certaines méthodes, un point spécifique de la cheville opposée est utilisé pour traiter une douleur du poignet. Mais comme le poignet présente une forme approximativement elliptique, la douleur peut apparaître à différents endroits, alors que le point utilisé reste fixe. Le traitement manque donc parfois de précision, ce qui explique pourquoi l’efficacité peut être variable. Les différentes méthodes citées présentent une certaine tendance géométrique simple, mais elles restent liées aux méridiens et aux points d’acupuncture traditionnels. Ainsi, la forme et la structure ne sont pas considérées comme les seuls vecteurs d’information. Par conséquent, elles ne peuvent pas être qualifiées de véritable « géométrie du corps humain ». Les notions telles que haut, bas, gauche, droite ou croisement ne servent ici qu’à donner une orientation.

Existe-t-il alors une véritable géométrie du corps humain appliquée à l’acupuncture ? La réponse est oui : il s’agit de la technologie 3C, appelée Croisement et Correspondance Corporelle (3C).

II. Le développement de la géométrie corporelle

En septembre 2025, lors du séminaire académique international d’acupuncture à Stockholm, la technologie 3C a été officiellement présentée. Cette méthode n’utilise ni la théorie traditionnelle des méridiens et des points d’acupuncture, ni les connaissances relatives au trajet des nerfs et des vaisseaux sanguins. Elle se fonde uniquement sur une méthode géométrique simple appliquée à la surface du corps pour effectuer le traitement, ouvrant ainsi une nouvelle voie dans la lutte contre la douleur.

Reposant sur l’ancienne culture chinoise, les technologies scientifiques modernes et la théorie moderne des fractales, cette approche développe les techniques antérieures d’acupuncture croisée. Elle introduit pour la première fois les concepts de « correspondance ontologique » et de « principe de la même trajectoire ». Selon cette idée, chaque région géométrique du corps humain possède, à distance, une ou plusieurs régions correspondantes pouvant être identifiées en fonction de leur morphologie.

Cette amélioration simplifie considérablement l’apprentissage, la mémorisation et la pratique clinique des acupuncteurs. Elle permet également de sélectionner avec davantage de précision les zones de massage et de puncture, augmentant ainsi de manière significative l’efficacité et le taux de guérison dans le traitement de la douleur.

La naissance de cette nouvelle méthode fait écho, dans le monde microscopique, au phénomène Drt3b. Toutes deux semblent révéler un même secret fondamental du vivant : la forme est une information, et la position entre les formes constitue également une information. Cette approche cherche à sortir du cadre fixe traditionnel des méridiens et des points d’acupuncture afin d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques à partir des relations spatiales et des correspondances géométriques du corps humain. Elle représente ainsi un développement de la géométrie corporelle.

L’idée centrale de cette exploration est la suivante : la douleur n’existe pas nécessairement uniquement à l’endroit où elle se manifeste ; une action locale n’agit pas forcément seulement localement ; différentes régions du corps pourraient entretenir des relations de projection spatiale. Si l’on considère le corps humain comme une carte tridimensionnelle repliée, l’information d’une région pourrait se projeter dans une autre région. Bien entendu, ces théories nécessitent encore davantage de recherches rigoureuses et de validations cliniques. Le développement scientifique n’est jamais une réponse définitive, mais un processus continu de nouvelles interrogations. Toutefois, quelle que soit l’évolution future des recherches, une idée semble mériter une réflexion croissante : la vie n’est peut-être pas seulement une suite de codes ; elle est aussi une structure, une relation et un ordre géométrique.

III. L’apport de la technologie 3C à la biologie holographique

À travers l’étude, la recherche et la pratique de la technologie 3C, nous avons observé plusieurs phénomènes concernant le corps humain :

1. Chaque partie est liée à l’ensemble

Une « partie » peut désigner un membre entier, une portion d’un membre, une région plus petite encore, et ainsi de suite jusqu’à la cellule. Selon la biologie holographique fondée en 1983 par Zhang Yingqing, non seulement le deuxième métacarpien contient les informations de l’ensemble du corps humain, mais chaque partie des plantes, des animaux ou du corps humain — jusqu’à chaque cellule — contient également les informations de l’ensemble. Si les conditions extérieures le permettent, chacune peut potentiellement devenir un organisme complet.

Autrement dit, chaque partie du corps humain contient une forme d’embryon potentiel : c’est la théorie dite de « l’omni-embryon ». Douze ans plus tard, cette idée a trouvé un écho dans le clonage de la brebis Dolly au Royaume-Uni.

Zhang Yingqing a découvert que chaque os long contient les informations de l’ensemble du corps humain. Si l’on inclut les phalanges des mains et des pieds parmi les os longs, les quatre membres du corps humain compteraient 88 os longs. Cela signifie que, pour traiter une maladie, il serait possible de trouver facilement au moins 88 points thérapeutiques rien que sur les membres. Cela explique pourquoi les techniques d’acupuncture se multiplient continuellement, bien qu’elles reposent souvent sur des observations cliniques fragmentaires et empiriques. Cela explique aussi pourquoi une puncture effectuée « au mauvais endroit » peut parfois malgré tout produire un effet thérapeutique.

2. Chaque partie contient non seulement l’information de l’ensemble, mais aussi celle des structures auto-similaires

Par exemple, les membres supérieurs et inférieurs constituent des structures auto-similaires : le nombre d’articulations, le nombre d’os, les modes de mouvement, la forme de l’humérus et du fémur, celle du radius et du cubitus comparée au tibia et au péroné, ainsi que le nombre et la morphologie des os et articulations des mains et des pieds présentent de fortes ressemblances.

En poussant l’analyse plus loin, le bras et la cuisse constituent également des structures auto-similaires ; de même pour l’avant-bras et la jambe, ou encore la main et le pied.

3. Chaque partie contient également des informations de structures non similaires

De nombreuses observations cliniques en acupuncture montrent qu’au-delà des informations de l’ensemble et des structures auto-similaires, chaque région contient aussi des correspondances avec des structures non similaires. Par exemple, le tronc et les membres supérieurs, le tronc et les membres inférieurs, ou encore le tronc et la région tête-cou sont des structures différentes. Pourtant, il est possible de trouver sur le tronc des zones correspondant intégralement à chacune d’entre elles.

En utilisant ces relations de correspondance, il devient possible d’identifier davantage de points efficaces dans le traitement des maladies.

Les deuxième et troisième points ci-dessus constituent un complément apporté par la technologie 3C à la biologie holographique. Exprimées sous un angle géométrique, ces relations deviennent plus claires.

Il convient de préciser que, parmi ces trois points, c’est la deuxième forme de correspondance — celle des structures auto-similaires — qui apparaît comme la plus forte. Chaque région contiendrait les informations complètes d’une structure auto-similaire. En combinant cette idée avec le principe de la même trajectoire et le principe croisé, on obtiendrait, dans le traitement de la douleur, les résultats cliniques les plus rapides et les plus efficaces. La simplicité, la rapidité et l’efficacité de cette approche sont souvent surprenantes : tel serait précisément le principe fondamental de la technologie 3C.

Le développement de la technologie 3C et de la géométrie corporelle ne constitue pas une négation de la théorie des méridiens. Bien au contraire, ces approches chercheraient à confirmer l’idée fondamentale de la théorie traditionnelle selon laquelle « tout endroit est traversé par des méridiens » et « tout endroit peut devenir un point d’acupuncture ». Ne pas utiliser explicitement les méridiens reviendrait ainsi à utiliser d’innombrables méridiens ; ne pas se limiter aux points d’acupuncture reviendrait à disposer d’innombrables points, rendant la pratique clinique plus rapide, plus efficace et plus fluide.

IV. Comment comprendre la géométrie du corps humain

L’information d’un livre provient de l’agencement des mots ; celle d’un bâtiment provient de son organisation spatiale ; celle d’une musique naît des relations entre les notes. L’information du vivant, elle aussi, ne provient peut-être pas seulement de la séquence des bases génétiques, mais également de l’organisation de ses structures tridimensionnelles.

La forme est, en elle-même, un langage. C’est une idée particulièrement fascinante. Pendant longtemps, nous avons imaginé la vie comme un livre rempli de codes secrets. Aujourd’hui, nous commençons à comprendre que la vie ressemble davantage à une immense architecture en trois dimensions. Les « lettres » sont importantes, certes, mais la structure l’est tout autant.

En réalité, les lois géométriques sont omniprésentes dans la nature : la structure hexagonale des flocons de neige ; l’organisation en hexagones des ruches ; les spirales des graines de tournesol ; la spirale logarithmique des coquillages ; les bras spiraux des galaxies ; les ramifications des arbres et les réseaux vasculaires humains. Tous ces phénomènes, qui semblent pourtant sans rapport, obéissent souvent à des lois mathématiques similaires. La science moderne parle de fractales et de structures auto-similaires.

La notion d’auto-similarité signifie que le tout et les parties, ainsi que les différentes parties entre elles, suivent des règles d’organisation comparables. Lorsqu’on agrandit une petite portion, on peut parfois y retrouver l’image du tout. La nature semble réutiliser continuellement un même modèle d’organisation. Cela vaut aussi bien pour le monde microscopique que pour le monde macroscopique — et le corps humain n’échappe pas à cette règle.

Depuis des millénaires, la médecine traditionnelle chinoise développe une compréhension du corps humain très différente de celle de l’anatomie moderne. L’anatomie contemporaine s’intéresse principalement aux organes, aux tissus et aux processus biochimiques précis, tandis que la médecine chinoise met davantage l’accent sur les relations structurelles globales et considère que chaque région du corps possède des correspondances géométriques avec d’autres régions.

La « géométrie du corps humain » ne consiste donc pas simplement à étudier l’apparence du corps, mais plutôt à comprendre :

  • comment les formes sont reliées entre elles ;

  • comment les positions se correspondent ;

  • comment les structures transmettent l’information.

Si la médecine traditionnelle étudie principalement la « matière », alors la géométrie corporelle pourrait davantage s’intéresser aux « relations ». Car ce qui rend la vie véritablement extraordinaire n’est pas chaque organe pris isolément, mais la manière dont ils s’organisent entre eux.

Une cellule, en elle-même, n’est pas particulièrement complexe ; un neurone non plus. Pourtant, lorsque des milliards de cellules s’assemblent selon des structures spécifiques, elles donnent naissance à la conscience, à la pensée, aux émotions et aux activités vitales. La complexité naît des relations. L’information aussi naît des relations.

Les anciens disaient : « Ce qui est au-delà de la forme relève du Dao ; ce qui est en dessous de la forme relève de l’instrument. » Peut-être avons-nous longtemps étudié uniquement les « instruments », tandis que l’avenir conduira progressivement l’humanité à comprendre davantage la « forme ». Car la forme ne se contente pas de modeler la matière : elle porte également l’information.

C’est peut-être là le véritable sens de la géométrie corporelle : passer de la simple observation du corps à la compréhension de sa structure ; passer de l’étude des parties à la compréhension de l’ensemble ; passer de l’observation des formes à la découverte de l’ordre sous-jacent du vivant.

Vous avez peut-être déjà entendu cette célèbre idée du structuralisme : le sens ne provient pas de l’entité elle-même, mais de la structure. Autrement dit, une chose possède une signification non pas parce qu’elle naît avec un sens intrinsèque, mais parce qu’elle occupe une position particulière dans un réseau de relations.

Prenons un exemple simple : une partie d’un membre humain, comme la 2ème phalange de l’index gauche. Si elle porte ce nom, c’est précisément en raison de sa position dans l’organisation globale du corps. Or, on retrouve une structure portant le même nom sur la main droite ; des structures similaires existent également dans les pieds. C’est ainsi qu’apparaît le phénomène de correspondance. Cette correspondance dépend entièrement de la forme géométrique et de la position géométrique des structures, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter d’autres conditions ou théories plus profondes.

Selon le structuralisme, la forme constitue l’essence même des choses. Une table est immédiatement reconnue comme une table simplement grâce à sa forme, qui la distingue d’une table basse, d’une chaise ou d’un tabouret.

En résumé, bien que la médecine chinoise ait décrit depuis des milliers d’années les formes géométriques du corps humain et leurs relations de correspondance, il conviendrait aujourd’hui de reconnaître officiellement la géométrie corporelle comme une discipline à part entière. Les observations cliniques suggèrent qu’une approche géométrique du traitement de la douleur pourrait être plus précise, plus rapide et plus simple que les méthodes traditionnelles fondées sur les méridiens.

Nous espérons que cet article pourra servir d’introduction et susciter de nouvelles réflexions.

Pour des informations plus détaillées sur la géométrie du corps humain, veuillez consulter le site de l’Association internationale de santé naturelle : https://santemtc.com

Merci de votre attention.

Le 24 mai 2026, à Genève.

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